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Fonds euros ou unités de compte : comment répartir son assurance-vie

Capital garanti contre potentiel de rendement : comment arbitrer entre fonds euros et unités de compte selon son horizon.

Fonds euros ou unités de compte : comment répartir son assurance-vie Photo par Monstera Production via Pexels

En bref :

  1. Le fonds euros garantit le capital versé, net de frais de gestion, mais son rendement reste proche de l’inflation sur longue période.
  2. Les unités de compte n’offrent aucune garantie en capital, leur valeur suit les marchés sur lesquels elles sont investies.
  3. La répartition se déduit de l’horizon de placement, pas d’une opinion sur les marchés.
  4. La plupart des contrats conditionnent l’accès au meilleur taux du fonds euros à un pourcentage minimum en unités de compte.

Deux moteurs, deux fonctions

Dans une assurance-vie, votre argent se répartit entre deux catégories de supports.

Le fonds en euros est garanti par l’assureur : le capital versé ne peut pas baisser du fait des marchés, et les intérêts acquis chaque année sont définitivement acquis. En contrepartie, le rendement est modeste et largement dépendant des taux obligataires.

Les unités de compte sont tout le reste : actions, obligations, ETF, SCPI, fonds non cotés. Aucune garantie en capital, une valeur qui monte et descend, et un potentiel de rendement supérieur sur longue période.

L’horizon décide, pas l’intuition

La question n’est pas de deviner la direction des marchés, mais de savoir quand vous aurez besoin de l’argent.

HorizonOrientation couranteLogique
Moins de 3 ansTrès majoritairement fonds eurosLe capital doit être disponible sans risque de moins-value
3 à 8 ansRépartition équilibréeLe temps permet d’absorber une partie des fluctuations
Plus de 8 ansPart importante en unités de compteL’horizon long lisse les cycles de marché

Cette grille n’est pas une recommandation personnalisée : elle ne vaut qu’ajustée à votre situation, votre épargne de précaution et votre tolérance réelle aux baisses.

Le piège du taux bonifié

Beaucoup de contrats annoncent un rendement attractif sur le fonds euros à condition d’investir une part minimale en unités de compte, souvent 30 à 50 %. L’offre peut être intéressante, mais elle déplace le risque : vous acceptez une exposition aux marchés pour obtenir quelques dixièmes de point sur la partie garantie. Le calcul doit se faire sur l’ensemble, pas sur la ligne mise en avant.

Garder de la souplesse

Un contrat bien choisi permet d’arbitrer gratuitement entre supports. Cela signifie que la répartition initiale n’est pas définitive : elle se révise à mesure que l’horizon se rapproche, typiquement en sécurisant progressivement la partie qui sera consommée en premier.

Questions fréquentes

Faut-il choisir le fonds euros ou les unités de compte ?

Les deux, dans une proportion dictée par votre horizon de placement. En dessous de trois ans, le fonds euros s’impose car le capital doit rester disponible sans risque de perte. Au-delà de huit ans, une part importante d’unités de compte devient cohérente, la durée permettant d’absorber les cycles de marché. Entre les deux, une répartition équilibrée est courante.

Le fonds euros est-il vraiment sans risque ?

Le capital versé est garanti par l’assureur, net de frais de gestion, et les intérêts acquis le sont définitivement. Le risque n’est donc pas une perte en capital mais une érosion du pouvoir d’achat : si le rendement servi est inférieur à l’inflation, la valeur réelle de l’épargne diminue malgré un solde qui augmente.

Pourquoi les contrats imposent-ils une part d’unités de compte ?

Parce que le taux bonifié affiché sur le fonds euros sert d’argument commercial pour orienter l’épargne vers des supports non garantis, sur lesquels l’assureur perçoit davantage de frais et ne porte pas le risque. L’offre peut rester intéressante, mais elle doit s’évaluer sur la performance de l’ensemble du contrat.