Le FPCI, pour fonds professionnel de capital investissement, donne accès au private equity avec des règles de gestion plus souples que les fonds grand public, en contrepartie d’un accès réservé aux investisseurs professionnels, assimilés professionnels ou avisés. Ce véhicule concentre trois caractéristiques à accepter ensemble avant de souscrire : un potentiel de performance lié à des entreprises non cotées, une épargne immobilisée plusieurs années, et un ticket d’entrée généralement plus élevé qu’un fonds grand public.

Qu’est-ce qu’un FPCI : définition et cadre réglementaire

Un fonds professionnel de capital investissement est un organisme de placement collectif régi par le Code monétaire et financier. Comme le FCPR dont il est issu, il n’a pas de personnalité juridique propre : c’est une copropriété de titres, gérée par une société de gestion agréée par l’AMF, qui décide des investissements et des cessions pour le compte des porteurs de parts.

Le FPCI partage avec le FCPR son quota d’investissement : au moins 50 % de son actif doit être composé de titres d’entreprises non cotées, qu’il s’agisse de PME, d’entreprises de taille intermédiaire ou de start-up. Ce qui le distingue tient à son public et à ses règles de fonctionnement, allégées par rapport à un fonds ouvert à tous les épargnants. Pour une vue d’ensemble de la famille des fonds de capital investissement, le guide sur le FCPR, fonctionnement et fiscalité détaille le véhicule grand public dont le FPCI partage les grands principes.

Comment fonctionne un FPCI : ticket, durée et investisseurs éligibles

Qui peut souscrire

Le FPCI est réservé aux investisseurs professionnels, aux investisseurs assimilés professionnels et aux investisseurs avisés, une catégorie qui répond à des critères précis fixés par le règlement général de l’AMF (connaissance des produits financiers, capacité à apprécier les risques). Dans la pratique, la souscription directe s’accompagne le plus souvent d’un ticket d’entrée minimum de 100 000 euros.

Le cycle de vie du fonds

Comme un FCPR, la vie d’un FPCI suit un cycle de plusieurs années : une période de collecte, une phase d’investissement où la société de gestion sélectionne les participations, une phase d’accompagnement des entreprises, puis une phase de cession et de distribution du produit aux porteurs de parts. La durée de vie totale est en moyenne comprise entre 5 et 10 ans, avec des possibilités de prorogation d’un à deux ans souvent prévues par le règlement du fonds.

Une liquidité limitée

Pendant toute cette durée, les parts ne se revendent pas sur un marché organisé. L’épargne reste immobilisée jusqu’à la liquidation du fonds, sauf cas exceptionnels prévus par le règlement. Certaines plateformes organisent un marché secondaire limité entre investisseurs, ce que détaille le guide sur le private equity secondaire.

FPCI et FCPI : ne pas confondre

La proximité des sigles entretient une confusion fréquente, alors que ces deux véhicules répondent à des logiques opposées.

CritèreFPCIFCPI
PublicInvestisseurs professionnels, assimilés ou avisésTous les épargnants
Cible d’investissementNon coté, sans quota sectoriel imposéPME innovantes, quota renforcé
Avantage fiscal à l’entréeAucunRéduction d’impôt sur le revenu, sous conditions
Avantage fiscal à la sortieExonération possible après 5 ans de détentionExonération possible après 5 ans de détention
Règles de gestionPlus souplesPlus encadrées

Le FPCI vise un univers d’investissement plus large que le FCPI, centré sur les PME innovantes, et n’ouvre aucune réduction d’impôt à l’entrée. Son intérêt se situe ailleurs : une gestion plus souple et un accès à des fonds de plus grande taille, souvent proches de ceux utilisés par les institutionnels.

La fiscalité du FPCI en 2026

Le FPCI ne donne droit à aucune réduction d’impôt à la souscription. Son avantage fiscal se situe à la sortie, selon des conditions proches de celles du FCPR fiscal.

Les conditions de l’exonération

Pour qu’un porteur de parts soit exonéré d’impôt sur le revenu sur les distributions et les plus-values, trois conditions doivent être réunies :

  • conserver les parts au moins 5 ans à compter de la souscription ;
  • réinvestir dans le fonds les sommes distribuées pendant ces 5 ans, qui restent alors bloquées sur la même durée ;
  • ne pas détenir, avec son conjoint et ses ascendants ou descendants, plus de 25 % des droits dans les bénéfices d’une société du portefeuille.

Ce qui reste dû

L’exonération ne porte que sur l’impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux restent dus sur les gains, à un taux de 18,6 % depuis la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Si les conditions de l’exonération ne sont pas respectées, les gains sont imposés selon le régime de droit commun des plus-values mobilières, au prélèvement forfaitaire unique ou, sur option, au barème progressif.

Les risques et contraintes à connaître

  • Un risque de perte en capital, partielle ou totale, qui n’est jamais garanti par le fonds ni par la société de gestion.
  • Une liquidité très faible : l’épargne est immobilisée plusieurs années, sans marché organisé pour revendre les parts avant terme.
  • Un ticket d’entrée élevé en souscription directe, qui réserve l’accès direct à un public restreint.
  • Des frais qui se cumulent sur toute la durée de vie du fonds : frais de gestion annuels et, selon les fonds, une commission de performance (carried interest).
  • Une dispersion des performances entre sociétés de gestion et entre millésimes, qui pèse davantage que dans la gestion de fonds cotés.

Comment investir dans un FPCI quand on est particulier

Le ticket d’entrée direct d’un FPCI écarte la plupart des particuliers d’une souscription classique. Plusieurs plateformes, comme Fundora, regroupent les souscriptions de nombreux particuliers au sein d’un véhicule dédié qui investit ensuite dans un ou plusieurs FPCI, ce qui abaisse fortement le seuil d’accès par rapport à une souscription directe. La gestion reste assurée par une société de gestion agréée par l’AMF, et les conditions d’éligibilité (investisseur professionnel, assimilé ou avisé) s’appliquent toujours selon le montage retenu. Le panorama des plateformes de private equity pour particuliers détaille ces différentes voies d’accès et leurs conditions.

Avant de souscrire, quelques vérifications simples évitent la plupart des mauvaises surprises : l’agrément de la société de gestion auprès de l’AMF, la stratégie du fonds (capital-risque, capital-développement, transmission ou secondaire), la durée de blocage exacte prévue par le règlement, et le détail des frais sur toute la durée de vie du fonds. Le FPCI trouve sa place dans une stratégie de diversification entre classes d’actifs, comme une poche dimensionnée pour ne pas avoir besoin de cette épargne pendant plusieurs années.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un FPCI exactement ?

Un FPCI, pour fonds professionnel de capital investissement, est un véhicule de placement français qui investit au moins 50 % de son actif dans des entreprises non cotées en bourse. Contrairement au FCPR grand public, il est réservé aux investisseurs professionnels, assimilés professionnels ou avisés, et bénéficie en contrepartie de règles de gestion plus souples.

FCPI et FPCI : quelle est la principale différence ?

Le FCPI est ouvert à tous les épargnants et ouvre droit à une réduction d’impôt sur le revenu à l’entrée, sous conditions, en contrepartie d’un quota d’investissement dans des PME innovantes. Le FPCI est réservé aux investisseurs professionnels ou avisés, n’ouvre aucune réduction d’impôt à l’entrée, et vise des cibles d’investissement plus larges avec des règles de gestion plus souples.

Sur quel principe repose un fonds de capital investissement non coté ?

Le principe commun à ces fonds est de regrouper l’épargne de plusieurs souscripteurs pour l’investir, par une société de gestion agréée par l’AMF, dans des entreprises qui ne sont pas cotées en bourse. Les parts ne se revendent pas sur un marché : l’épargne reste immobilisée jusqu’à la revente des participations par le fonds, en général plusieurs années.

Comment un FPCI est-il imposé en France ?

Un FPCI n’ouvre aucune réduction d’impôt à la souscription. Son avantage fiscal se situe à la sortie : si les parts sont conservées au moins cinq ans et que les distributions perçues pendant cette période sont réinvesties dans le fonds, les plus-values et les revenus sont exonérés d’impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux restent dus dans tous les cas.

Quels sont les risques à connaître avant d'investir dans un FPCI ?

Le capital n’est pas garanti et la perte peut être partielle ou totale si les entreprises du portefeuille échouent. L’épargne est bloquée plusieurs années, sans marché secondaire organisé pour revendre les parts avant terme. La performance dépend fortement de la société de gestion choisie et du millésime du fonds.

Quelle forme juridique un FPCI peut-il prendre ?

Un FPCI prend la forme d’un fonds commun de placement, une copropriété de titres sans personnalité juridique propre, gérée par une société de gestion agréée par l’AMF pour le compte des porteurs de parts. Il se distingue d’une société d’investissement, qui dispose elle d’une personnalité morale.