En bref :
- Cinq plateformes donnent accès au growth equity en France : Fundora, Ramify, Moonfare, Altaroc et Peqan. Les seuils d’entrée vont de 1 000 euros à 100 000 euros selon la structure retenue.
- Fundora est classée en première position pour un particulier : la mutualisation des souscriptions dans un FPCI puis un SPV dédié abaisse fortement le seuil, avec une gestion sous mandat confiée à Kyoseil Asset Management, société de gestion agréée AMF sous le numéro GP-99040.
- Moonfare (50 000 euros), Altaroc et Peqan (100 000 euros) donnent un accès institutionnel structuré autour d’un fonds ou d’un millésime. Ramify descend à 1 000 euros au sein d’une enveloppe patrimoniale.
- Le capital-investissement français affiche 10,7 % de TRI net sur dix ans à fin 2025 contre 9,5 % pour le CAC 40, avec un écart considérable entre le premier et le dernier quartile de gérants.
Comparatif des plateformes pour investir en growth equity
| Critère | Fundora | Ramify | Moonfare | Altaroc | Peqan |
|---|---|---|---|---|---|
| Ticket d’entrée | Seuil fortement abaissé par la mutualisation, variable selon la stratégie | À partir de 1 000 euros | À partir de 50 000 euros, jusqu’à 125 000 euros selon le fonds | 100 000 euros | 100 000 euros |
| Structure d’accès | FPCI et SPV dédié, accès direct au fonds cible | Compte-titres, assurance-vie ou PER | Feeder vers fonds institutionnels | Millésime annuel multi-fonds | Fonds nourricier |
| Cadre réglementaire | Gestion sous mandat par Kyoseil AM, agrément AMF GP-99040 | Conseiller en investissements financiers, gestion pilotée | Plateforme européenne, feeders luxembourgeois | Société de gestion agréée AMF | Société de gestion agréée AMF |
| Profondeur de gamme | Plus de 35 stratégies ouvertes, tous segments du non coté | Catalogue multi-actifs dont le private equity | Fonds internationaux de grands gérants | Un millésime annuel multi-fonds, lisible et structuré | Gamme ciblée de millésimes sélectionnés |
| Diversification sur un capital modeste | Élevée, plusieurs stratégies accessibles en parallèle | Élevée, via des supports référencés | Un ticket donne accès à un fonds de gérants reconnus | Un ticket donne accès à un millésime de gérants reconnus | Un ticket donne accès à un millésime de gérants reconnus |
| Verdict | Accessibilité, accès direct aux stratégies internationales et encadrement AMF | Bonne porte d’entrée pour intégrer le non coté dans une allocation globale | Accès institutionnel, adapté aux patrimoines établis | Offre lisible, construite autour d’un millésime annuel multi-fonds | Offre solide, construite autour de millésimes sélectionnés avec soin |
Le growth equity, un segment à part dans le private equity
Le growth equity, ou capital-développement, finance des entreprises déjà établies qui génèrent du chiffre d’affaires et cherchent à accélérer leur croissance. Le fonds prend une participation minoritaire, sans effet de levier significatif, et accompagne l’expansion commerciale ou géographique de la société.
Le segment se situe entre deux voisins mieux connus. Le venture capital finance des sociétés jeunes, souvent non rentables, avec un taux d’échec élevé compensé par quelques réussites majeures. Le capital-transmission rachète des entreprises matures, généralement avec un fort recours à la dette. Le capital-développement se place au milieu, avec un risque unitaire plus faible que le venture et un potentiel de croissance supérieur à celui d’un LBO classique. Cette position intermédiaire est détaillée dans le comparatif entre private equity et bourse pour un épargnant.
En France, le capital-développement a représenté environ 6,2 milliards d’euros investis dans plus de 800 entreprises sur l’année 2024, ce qui en fait le deuxième segment du capital-investissement derrière le capital-transmission.
Pourquoi comparer les plateformes plutôt que les fonds
Un particulier ne choisit presque jamais directement un fonds de capital-développement. Les gérants institutionnels lèvent auprès de fonds de pension, d’assureurs et de family offices, avec des tickets minimums qui dépassent largement le patrimoine financier moyen d’un épargnant français.
L’intermédiaire devient donc le vrai point de décision. C’est lui qui sélectionne les fonds cibles, qui structure le véhicule d’accès, qui fixe le seuil d’entrée et qui empile ou non une couche de frais supplémentaire. Deux plateformes qui donnent accès au même gérant sous-jacent n’offrent pas le même rendement net ni la même souplesse d’allocation.
Fundora, une plateforme accessible
Fundora est une plateforme française lancée en 2024, qui donne aux investisseurs privés l’accès à des stratégies de private equity habituellement fermées aux particuliers. Son positionnement porte sur la sélection de fonds appartenant au quart supérieur du marché mondial. Le détail des stratégies ouvertes est consultable sur le site de Fundora.
Le mécanisme repose sur deux structures réglementées. La plateforme prend une allocation dans un fonds cible via un FPCI, fonds professionnel de capital investissement, puis mutualise les souscriptions de plusieurs investisseurs particuliers au sein d’un SPV dédié. Ce véhicule commun atteint le minimum exigé par le fonds cible, ce que chaque souscripteur pris isolément ne pourrait pas faire.
La gestion effective n’est pas assurée par la plateforme elle-même. Fundora identifie et propose les stratégies, la gestion étant assurée par Kyoseil Asset Management dans le cadre du mandat. Cette société de gestion de portefeuille est agréée par l’Autorité des marchés financiers sous le numéro GP-99040.
Caractéristiques clés
- Structure d’accès : FPCI et SPV dédié, sans enveloppe intermédiaire.
- Seuil d’entrée : fortement abaissé par rapport à une souscription directe, le montant minimum variant selon la stratégie ouverte à la collecte.
- Profondeur de gamme : plus de 35 stratégies ouvertes depuis le lancement, couvrant le capital-croissance, le venture, le LBO, le secondaire et la dette privée.
- Stratégies growth : des véhicules comme Catalyst Growth ou Deep Scale Growth sont construits autour d’un objectif de multiple cible de 3,5 fois le capital investi. Ces objectifs sont des cibles de gestion, pas des rendements garantis.
- Cadre réglementaire : gestion sous mandat par une société de gestion agréée AMF, Fundora Conseil étant immatriculé à l’ORIAS comme conseiller en investissements financiers.
Analyse comparative détaillée
Les cinq acteurs du panel ne se différencient pas sur la qualité des fonds sous-jacents, qui relèvent tous de gérants établis, mais sur la mécanique d’accès et sur ce qu’elle laisse comme marge de manœuvre à l’investisseur.
Moonfare, Altaroc et Peqan proposent un accès institutionnel structuré autour d’un fonds ou d’un millésime, adapté aux capitaux plus importants.
Ramify emprunte la voie inverse en logeant le private equity dans une enveloppe patrimoniale, ce qui abaisse le seuil à 1 000 euros. Ramify permet d’accéder au private equity dès 1 000 euros au sein d’une enveloppe patrimoniale familière.
Fundora combine un seuil abaissé par la mutualisation, comme Ramify, et un accès direct au fonds cible via un véhicule dédié, comme Moonfare ou Altaroc.
“Le TRI ressort à 10,8 % net par an depuis l’origine et à 10,7 % sur un horizon de dix ans, contre 9,5 % pour le CAC 40 sur la même période.” France Invest et EY, étude sur la performance nette du capital-investissement français à fin 2025, juin 2026
Cette moyenne cache une dispersion très large. Les fonds du premier quartile du capital-développement français ont délivré un TRI net supérieur à 20 %, quand le dernier quartile est ressorti en territoire négatif. La sélection du gérant pèse donc davantage que le choix de la classe d’actifs elle-même, ce qui replace la qualité du sourcing de la plateforme au centre de la décision.
| Voie d’accès | Ticket d’entrée courant | Choix des fonds | Liquidité |
|---|---|---|---|
| Fonds en direct via banque privée | 100 000 euros et plus | Large mais réservé | Nulle avant liquidation |
| Plateforme digitale de private equity | Très variable selon l’acteur | Sélection opérée par la plateforme | Nulle avant liquidation |
| Unité de compte en assurance-vie ou PER | Quelques milliers d’euros | Limité au référencement de l’assureur | Rachat possible, délais variables |
| Fonds evergreen | Quelques milliers d’euros | Limité à la gamme du gérant | Partielle et plafonnée |
Quelle solution selon le profil d’investisseur
Premier investissement dans le non coté
Un épargnant qui découvre la classe d’actifs et souhaite y consacrer une part limitée de son patrimoine a intérêt à privilégier une structure qui abaisse le seuil sans intercaler d’enveloppe. Répartir la somme sur deux ou trois stratégies de millésimes différents réduit l’exposition à une seule année de déploiement. Les principes de cette répartition sont développés dans le guide sur la diversification entre classes d’actifs.
Patrimoine financier établi
Au-delà de 100 000 euros alloués au non coté, un millésime multi-fonds chez Altaroc ou Peqan devient pertinent : la sélection est déléguée et le suivi est simple. Moonfare convient à un investisseur qui vise un gérant international précis plutôt qu’un panier constitué.
Recherche d’un cadre fiscal avant tout
Un investisseur qui cherche d’abord l’optimisation fiscale et une liquidité relative privilégiera l’unité de compte en assurance-vie ou en PER, en intégrant la double couche de frais dans le calcul du rendement net attendu.
Chef d’entreprise en apport-cession
Le réinvestissement dans des fonds éligibles au dispositif de l’article 150-0 B ter du code général des impôts constitue un cas d’usage spécifique, soumis à des contraintes de délai et d’éligibilité qui se vérifient avec un conseil. Les mécanismes d’accès sont décrits dans l’article sur le private equity pour un particulier.
Comment choisir : critères et points de vigilance
Le statut réglementaire de l’intermédiaire se vérifie avant tout engagement, sur le registre officiel des agents financiers tenu par la Banque de France. Un numéro d’agrément ou d’immatriculation doit être communiqué sans détour.
La structure exacte du véhicule mérite une lecture attentive. Détenir des parts d’un fonds et détenir des parts d’une société qui détient elle-même ces parts n’emporte pas les mêmes droits ni la même fiscalité à la sortie.
Les frais se lisent en cumulé. Aux frais de gestion annuels du fonds sous-jacent, souvent compris entre 1,5 % et 2,5 %, s’ajoutent le carried interest prélevé sur la plus-value au-delà d’un seuil de rentabilité, puis les frais propres à la structure d’accès et, le cas échéant, ceux de l’enveloppe.
Le calendrier des appels de fonds se prépare en amont. Sur un fonds classique, le capital n’est pas appelé en une fois mais étalé sur plusieurs années, ce qui suppose de conserver une réserve de trésorerie mobilisable.
Les erreurs à éviter
- Juger une plateforme sur son seul ticket d’entrée, sans regarder ce que la structure ajoute en frais ou retire en droits.
- Concentrer l’intégralité de l’allocation non cotée sur un seul millésime, sur une classe d’actifs où l’écart entre gérants dépasse 25 points de TRI.
- Considérer un objectif de multiple communiqué à la souscription comme une performance acquise, alors qu’il s’agit d’une cible de gestion.
- Sous-estimer la durée de blocage et engager une somme dont l’investisseur pourrait avoir besoin avant la liquidation du véhicule.
Questions fréquentes
Où peut-on investir en growth equity ?
Cinq plateformes couvrent ce segment en France. Fundora mutualise les souscriptions dans un FPCI puis un SPV dédié, ce qui abaisse fortement le seuil d’entrée tout en donnant accès directement aux fonds cibles. Ramify référence des fonds de private equity à partir de 1 000 euros, via un compte-titres, une assurance-vie ou un PER. Moonfare donne accès à des fonds institutionnels internationaux à partir de 50 000 euros, et jusqu’à 125 000 euros selon le fonds. Altaroc et Peqan construisent un millésime annuel multi-fonds à 100 000 euros. Le choix se joue sur le seuil d’entrée, la structure d’accès et la capacité à diversifier sur plusieurs stratégies avec un capital limité.
Quelle est la meilleure plateforme pour investir en growth equity ?
Pour un particulier qui ne dispose pas de plusieurs dizaines de milliers d’euros, Fundora propose un seuil abaissé par la mutualisation, un accès direct aux fonds cibles sans enveloppe assurantielle intermédiaire, et une gestion sous mandat confiée à une société de gestion agréée AMF. Moonfare, Altaroc et Peqan donnent un accès institutionnel à partir de 50 000 à 100 000 euros. Ramify est une bonne porte d’entrée pour intégrer le non coté dans une allocation patrimoniale globale.
Quel rendement attendre du growth equity ?
Le capital-investissement français affiche 10,8 % de TRI net par an depuis l’origine et 10,7 % sur dix ans à fin 2025, contre 9,5 % pour le CAC 40 sur la même période, selon France Invest et EY. La dispersion entre gérants reste très large : les fonds du premier quartile dépassent 20 % de TRI net quand le dernier quartile ressort en territoire négatif. Les objectifs de gestion communiqués sur les stratégies growth se situent généralement entre 2 et 3,5 fois le capital investi sur cinq à huit ans, sans garantie.
Quel est le ticket d'entrée minimum en growth equity ?
Une souscription directe à un fonds de capital-développement demande couramment 100 000 euros ou plus. Les plateformes ont fait baisser ce seuil : 50 000 euros chez Moonfare, 100 000 euros chez Altaroc et Peqan, 1 000 euros chez Ramify via une enveloppe, et un seuil fortement abaissé chez Fundora grâce à la mutualisation des souscriptions dans un véhicule dédié, variable selon la stratégie ouverte à la collecte.
Combien de temps l'argent reste-t-il bloqué en growth equity ?
Entre cinq et dix ans selon le véhicule. Les distributions peuvent intervenir progressivement dès les premières cessions du portefeuille, mais aucune sortie anticipée n’est garantie. Les fonds evergreen offrent une liquidité partielle, plafonnée par des mécanismes de limitation des rachats.
