En bref :
- Le PER donne l’avantage fiscal à l’entrée, l’assurance-vie le donne à la sortie.
- Le PER bloque les fonds jusqu’à la retraite, l’assurance-vie reste disponible à tout moment.
- Plus la tranche marginale d’imposition est élevée, plus le PER prend l’avantage.
- Les deux se cumulent très bien : le PER pour la déduction, l’assurance-vie pour la souplesse.
Deux enveloppes de long terme, deux logiques inverses
Le PER et l’assurance-vie servent souvent le même objectif, se constituer un capital sur quinze ou vingt ans, mais ils n’organisent pas l’avantage fiscal au même moment.
Le PER vous fait économiser de l’impôt aujourd’hui, en déduisant les versements du revenu imposable, et impose les sommes au moment de la sortie.
L’assurance-vie ne procure aucun avantage à l’entrée, mais allège fortement l’imposition des gains après huit ans de détention, et offre un régime successoral spécifique.
Le comparatif
| PER | Assurance-vie | |
|---|---|---|
| Avantage fiscal | À l’entrée, par déduction du revenu | À la sortie, après 8 ans |
| Disponibilité | Bloqué jusqu’à la retraite, 6 cas de déblocage | Disponible à tout moment |
| Imposition à la sortie | Capital déduit imposé au barème, gains au PFU | Abattement annuel sur les gains après 8 ans |
| Transmission | Régime variable selon l’âge au décès | Régime successoral spécifique et avantageux |
| Sortie possible | Capital, rente, ou les deux | Rachats libres, partiels ou totaux |
| Intérêt selon l’imposition | Croît avec la tranche marginale | Indépendant de la tranche |
Comment choisir en pratique
Le PER prend l’avantage quand votre tranche marginale est à 30 % ou plus, que votre horizon est la retraite, et que vous anticipez une baisse de revenus après la cessation d’activité. L’économie d’impôt immédiate est alors réelle et substantielle.
L’assurance-vie prend l’avantage quand vous voulez garder la main sur votre argent, quand votre imposition est faible, ou quand l’objectif de transmission compte autant que la retraite.
La combinaison la plus fréquente
Les deux ne s’excluent pas. Une organisation courante consiste à verser sur le PER à hauteur de ce qui fait baisser la tranche d’imposition, et à placer le reste en assurance-vie pour conserver de la disponibilité. Cela revient à capter l’avantage fiscal là où il est le plus fort, sans immobiliser toute son épargne jusqu’à la retraite.
Questions fréquentes
Faut-il choisir un PER ou une assurance-vie pour la retraite ?
Le PER convient quand la tranche marginale d’imposition atteint 30 % ou plus et que les revenus baisseront à la retraite : la déduction immédiate est alors substantielle. L’assurance-vie convient quand la disponibilité de l’épargne compte, quand l’imposition est faible, ou quand la transmission est un objectif. Les deux se combinent très souvent.
Peut-on avoir un PER et une assurance-vie en même temps ?
Oui, sans aucune limitation, et c’est l’organisation la plus répandue. Une pratique courante consiste à verser sur le PER le montant qui permet de réduire la tranche marginale d’imposition, puis à orienter le reste de l’épargne vers l’assurance-vie, qui reste disponible à tout moment.
L’argent du PER est-il imposé à la sortie ?
Oui, et c’est la contrepartie de la déduction obtenue à l’entrée. À la sortie en capital, la part correspondant aux versements déduits est imposée au barème de l’impôt sur le revenu, tandis que les gains relèvent du prélèvement forfaitaire unique. L’opération est gagnante si le taux d’imposition à la retraite est inférieur à celui de la période d’activité.
Photo par Jan van der Wolf via Pexels