En bref :
- La bourse se valorise chaque jour, le non coté se valorise périodiquement, souvent une à deux fois par an, sur la base d’expertises.
- Une action se revend en une journée, une part de fonds non coté s’immobilise 8 à 10 ans.
- Les frais annuels d’un fonds de private equity dépassent largement ceux d’un ETF indiciel, il faut les intégrer au calcul de rendement.
- Les deux univers ne s’opposent pas : le non coté se raisonne comme une poche minoritaire d’un portefeuille déjà diversifié.
Deux façons opposées de détenir une entreprise
Acheter une action, c’est détenir une fraction d’une société cotée, dont le prix est fixé en continu par un marché. Souscrire à un fonds de private equity, c’est confier de l’argent à un gérant qui choisira lui-même les sociétés, négociera les prix d’achat et de vente, et vous rendra le produit des cessions au fil des années.
Cette différence de mécanique produit quatre écarts concrets.
1. La valorisation
Le cours d’une action bouge chaque seconde. La valeur d’une participation non cotée est estimée périodiquement par le gérant, selon des méthodes d’évaluation encadrées. Conséquence souvent mal comprise : la faible volatilité affichée d’un fonds non coté ne veut pas dire que le risque est plus faible, seulement que le prix est observé moins souvent.
2. La liquidité
C’est l’écart le plus structurant.
| Bourse | Private equity | |
|---|---|---|
| Délai de sortie | Une journée | 8 à 10 ans |
| Prix de sortie | Connu à la seconde | Connu à la cession |
| Sortie anticipée | Toujours possible | Rare, décotée quand elle existe |
3. Les frais
Un ETF indiciel large facture couramment moins de 0,30 % par an. Un fonds de private equity cumule des frais de gestion annuels nettement supérieurs, auxquels s’ajoute une commission de surperformance prélevée sur les plus-values au-delà d’un seuil. Cet écart doit être déduit avant toute comparaison de performance brute.
4. La diversification
Un ETF mondial expose à des centaines ou des milliers de sociétés en une ligne. Un fonds de private equity détient souvent une quinzaine à une trentaine de participations. La concentration est donc plus forte, et le choix du gérant pèse beaucoup plus lourd dans le résultat final.
Comment les deux se combinent
Dans une allocation classique, le non coté est traité comme une poche satellite, limitée en proportion, adossée à un socle liquide et diversifié. La logique est simple : l’argent placé en private equity ne doit pas être celui dont vous pourriez avoir besoin avant dix ans.
Questions fréquentes
Quelle différence entre private equity et bourse ?
La bourse donne un prix continu et une sortie immédiate, sur des sociétés cotées. Le private equity porte sur des sociétés non cotées, avec une valorisation périodique et un capital immobilisé 8 à 10 ans. Les frais sont nettement plus élevés en non coté, et le nombre de sociétés détenues beaucoup plus faible, ce qui donne un poids déterminant au choix du gérant.
Le private equity est-il plus risqué que la bourse ?
Le risque n’est pas de même nature. En bourse, il se voit immédiatement dans la volatilité du cours. En non coté, il se matérialise plus tard, à la cession, et il s’y ajoute un risque d’illiquidité : l’impossibilité de sortir au moment voulu. Une volatilité affichée plus faible ne signifie donc pas un risque plus faible.
Quelle part de son portefeuille consacrer au non coté ?
Il n’existe pas de règle universelle, mais la pratique courante consiste à le traiter comme une poche minoritaire d’un patrimoine déjà diversifié, en n’y plaçant que de l’argent dont on n’aura pas besoin avant la fin de vie du fonds, soit une dizaine d’années.
Photo par Alex Luna via Pexels