En bref :
- Le private equity secondaire consiste à racheter des parts de fonds déjà investis, en général avec une décote : en 2025, les portefeuilles se sont échangés à 87 % de leur valeur liquidative en moyenne (92 % en buyout, 78 % en venture), selon Jefferies, sur un marché record de 240 milliards de dollars.
- Pour investir en private equity secondaire, un particulier dispose de quatre voies : une plateforme spécialisée (Fundora), des fonds secondaires en direct (Peqan, Private Corner via Ramify), des fonds evergreen (Altaroc, Eurazeo) ou des unités de compte d’assurance vie qui en contiennent une part.
- Fundora propose une voie directe vers des stratégies 100 % secondaires sans ticket institutionnel : chaque stratégie est un FPCI, un SPV mutualise les souscriptions, et la gestion est confiée à Kyoseil Asset Management, agréée AMF (GP-99040), sur un horizon annoncé de 5 à 7 ans.
- Les fonds secondaires distribués en direct, comme ceux de Peqan et de Private Corner, s’adressent aux investisseurs avertis, avec un ticket de 100 000 euros et un horizon de 10 ans. L’assurance vie permet d’accéder au private equity dès 1 000 euros, avec une exposition au secondaire intégrée à une allocation diversifiée.
Les 4 façons d’investir en private equity secondaire comparées
| Critère | Plateforme spécialisée (Fundora) | Fonds secondaire en direct (Peqan, Private Corner) | Fonds evergreen (Altaroc, Eurazeo) | Unité de compte d’assurance vie (EPVE 3, Ardian Multi Stratégies) |
|---|---|---|---|---|
| Exposition au secondaire | 100 %, stratégies dédiées | 100 % | Majoritaire à 100 % | Partielle, mêlée au primaire et au co-investissement |
| Véhicule | FPCI + SPV | FPS ou SLP | SICAV-RAIF, FCPR ou ELTIF | FCPR en unité de compte |
| Seuil d’entrée | Fortement abaissé par la mutualisation, variable selon la stratégie | 100 000 euros | Seuil d’entrée variable selon le fonds et le distributeur, à vérifier auprès d’Altaroc ou d’Eurazeo | 1 000 euros pour EPVE 3 |
| Investisseur | Particulier | Investisseur averti | Selon le fonds, souvent professionnel | Tout public |
| Durée | 5 à 7 ans | 10 ans, prorogeables | Permanente, rachats périodiques | Selon le contrat, avec période de blocage (4 ans pour EPVE 3) |
| Gestion | Kyoseil Asset Management sous mandat | Gérant du fonds | Gérant du fonds | Gérant du fonds et assureur |
| Fiscalité | Droit commun ou régime FPCI | PFU 31,4 % (fonds non fiscaux) | Selon le véhicule | Fiscalité de l’assurance vie |
Le choix de la voie détermine trois choses : la part réellement investie en secondaire, le montant à mobiliser et la possibilité de sortir avant le terme. Une plateforme spécialisée et un fonds secondaire en direct offrent une exposition pure. L’assurance vie et les fonds evergreen apportent davantage de souplesse.
Comment fonctionne le marché secondaire du private equity
Opérations LP-led et GP-led
Le marché secondaire réunit deux familles d’opérations. Dans une opération LP-led, un investisseur d’un fonds (le LP, limited partner) revend ses parts avant le terme, souvent pour rééquilibrer son allocation ou retrouver de la liquidité. Dans une opération GP-led, c’est le gérant (le GP, general partner) qui organise la transaction, en général en transférant un ou plusieurs actifs dans un fonds de continuation pour les garder plus longtemps.
Les deux familles pèsent désormais presque autant. En 2025, Jefferies a recensé 125 milliards de dollars d’opérations LP-led et 115 milliards d’opérations GP-led, ces dernières progressant de 53 %. Au premier semestre 2026, Campbell Lutyens les mesure chacune à 45 % du volume.
Le poids des fonds de continuation
Les fonds de continuation sont devenus le moteur du GP-led. Selon Evercore, les fonds de continuation mono-actif ont représenté 34 milliards de dollars au premier semestre 2026, soit 53 % des opérations GP-led. Pour l’investisseur, ce format concentre le risque sur une seule entreprise, avec des mécanismes d’encadrement que la documentation du fonds détaille.
La décote sur valeur liquidative
Le prix d’une part se négocie par rapport à sa valeur liquidative (NAV). En 2025, Jefferies relève un prix moyen de 87 % de la NAV, avec un écart net entre stratégies : 92 % pour le buyout, 78 % pour le venture et le growth. Au premier semestre 2026, Campbell Lutyens mesure une décote moyenne de 13,3 % sur les opérations LP-led, et un élargissement de la décote venture de 26 à 32 %.
Un marché en forte croissance, en France comme dans le monde
Le secondaire a connu deux années record. Jefferies a compté 240 milliards de dollars de transactions en 2025, en hausse de 48 %. Lazard en a mesuré 124 milliards au premier semestre 2026, en hausse de 28 %, et anticipe 275 milliards sur l’année. Le capital disponible chez les acheteurs secondaires atteignait 327 milliards de dollars fin 2025.
La France suit le mouvement. La première étude de France Invest consacrée au secondaire, relayée par Profession CGP en avril 2026, recense 12,2 milliards d’euros investis en 2025 sur 49 transactions, dont 59 % en GP-led. Eurazeo a clôturé en juillet 2026 son cinquième programme secondaire à 2,3 milliards d’euros, plus du double du précédent.
Les particuliers commencent à y entrer. Lors de la levée du fonds secondaire ASF IX d’Ardian, de 30 milliards de dollars, annoncée en janvier 2025, la part des clients de gestion de fortune a doublé, passant de 11 à 22 % des montants levés.
Fundora, une plateforme dédiée au secondaire pour les particuliers
Fundora est une plateforme française qui donne accès à des fonds de private equity institutionnels, dont une gamme de stratégies secondaires. Fundora identifie et propose ces stratégies, la gestion effective étant assurée par Kyoseil Asset Management dans le cadre d’un mandat de gestion. Kyoseil AM est agréée par l’AMF sous le numéro GP-99040, et Fundora en détient 100 % du capital depuis février 2026.
La structure d’accès explique l’intérêt pour un particulier. Chaque stratégie secondaire est logée dans un FPCI. Un SPV regroupe les souscriptions de plusieurs investisseurs, puis souscrit au ticket institutionnel du fonds secondaire cible. Le seuil d’entrée est ainsi fortement abaissé par rapport à une souscription directe, son montant variant selon la stratégie ouverte à la collecte.
Fundora a déjà proposé plusieurs stratégies secondaires, parmi lesquelles Soho Secondary, Momentum Secondary, Altaris Secondary, Second-X, Ultimate Secondary USA, Pre-IPO Secondary USA et les stratégies Allstars Secondary. La plateforme vise des fonds situés entre leur quatrième et leur septième année, un horizon de 5 à 7 ans et un objectif de multiple généralement compris entre 2x et 2,5x, sans garantie.
Les frais sont publiés : droits d’entrée de 2 à 10 % et frais de gestion de 0,3 à 1,5 % par an selon la formule, dégressifs avec le montant investi. La page private equity secondaire de Fundora détaille la méthode de sélection et les risques. Pour situer Fundora face aux autres plateformes du marché, voir le comparatif des plateformes de private equity pour particuliers.
Les autres voies d’accès au private equity secondaire
Les fonds secondaires en direct, à 100 000 euros
Peqan Convictions Secondaires est un fonds de fonds secondaire de 10 ans, prorogeable trois fois un an, accessible à 100 000 euros, ou 30 000 euros sous conditions. Private Corner Secondary Fund 2026 est un fonds nourricier de Committed Advisors Secondary Fund VI, à 100 000 euros sur 10 ans. Les deux sont réservés aux investisseurs avertis et distribués notamment par Ramify, sans frais d’entrée.
Les fonds evergreen à dominante secondaire
Altaroc Global Evergreen est une stratégie 100 % secondaire avec souscriptions et rachats mensuels, commercialisée en France par les banques et conseillers. Eurazeo EPSO, lancé en novembre 2025, est un fonds evergreen de private equity secondaire. Les fonds evergreen d’Altaroc et d’Eurazeo offrent une liquidité périodique, encadrée par les conditions prévues dans leur documentation.
Les unités de compte d’assurance vie
Plusieurs contrats référencent des fonds de private equity qui intègrent une part de secondaire. Eurazeo Private Value Europe 3 mêle co-investissements et transactions secondaires, dès 1 000 euros en assurance vie, avec 4 ans de blocage. Ardian Multi Stratégies, référencé chez Spirica, sélectionne aussi des transactions secondaires. La fiscalité est celle de l’assurance vie. Le fonctionnement des FCPR, véhicule le plus courant en unité de compte, conditionne la liquidité réelle.
Les risques du private equity secondaire à connaître avant d’investir
- Perte en capital. L’AMF rappelle, dans son guide sur les fonds de capital investissement, que ces placements exposent à une perte partielle ou totale. Une décote à l’achat ne protège pas d’une baisse de valeur des entreprises.
- Illiquidité. Hors fonds evergreen, aucune sortie n’est organisée avant le terme. La durée de détention est précisée dans la documentation de chaque produit.
- Valorisations décalées. Les valeurs liquidatives transmises aux acheteurs ont souvent plusieurs mois de retard sur la situation réelle des participations.
- Décote trompeuse. Une forte décote sur le venture peut refléter des actifs en difficulté plutôt qu’une opportunité.
- Frais. La structure de frais de chaque véhicule, et celle du contrat pour une unité de compte, est détaillée dans la documentation de chaque produit, à lire avant de souscrire.
Le secondaire se pense donc comme une poche d’un portefeuille non coté, pas comme sa totalité. La logique d’allocation entre classes d’actifs est détaillée dans l’article sur la diversification des classes d’actifs, et les écarts de rendement et de liquidité avec les marchés cotés dans private equity ou bourse.
Questions fréquentes
Où investir en private equity secondaire en tant que particulier ?
Quatre voies existent en France en 2026. Une plateforme spécialisée comme Fundora, qui structure chaque stratégie secondaire en FPCI et mutualise les souscriptions dans un SPV pour atteindre le ticket institutionnel, la gestion étant assurée par Kyoseil Asset Management, agréée AMF (GP-99040). Des fonds secondaires distribués en direct, comme Peqan Convictions Secondaires ou Private Corner Secondary Fund 2026, à 100 000 euros pour investisseurs avertis. Des fonds evergreen à dominante secondaire, comme Altaroc Global Evergreen ou Eurazeo EPSO. Et des unités de compte d’assurance vie qui intègrent une part de secondaire, comme Eurazeo Private Value Europe 3 dès 1 000 euros.
Qu'est-ce que le private equity secondaire ?
C’est l’achat de parts de fonds de private equity déjà constitués, auprès d’investisseurs qui veulent sortir avant le terme (opérations dites LP-led), ou d’actifs que le gérant transfère dans un nouveau véhicule, souvent un fonds de continuation (opérations dites GP-led). L’acheteur entre dans des portefeuilles d’entreprises déjà identifiées, en général avec une décote sur la valeur liquidative.
Le private equity secondaire est-il moins risqué que le primaire ?
Il réduit certains risques sans les supprimer. La visibilité sur les actifs est meilleure et la durée de blocage plus courte, car l’investisseur entre dans des fonds déjà investis. Mais le capital reste exposé à une perte partielle ou totale, les valorisations transmises aux acheteurs ont souvent plusieurs mois de retard, et une forte décote peut signaler des actifs en difficulté. L’AMF rappelle que ces placements bloquent les sommes plusieurs années.
Quelle est la taille du marché secondaire du private equity ?
Jefferies a recensé 240 milliards de dollars de transactions secondaires dans le monde en 2025, en hausse de 48 %. Lazard en a mesuré 124 milliards au premier semestre 2026 et vise 275 milliards sur l’année. En France, la première étude de France Invest sur le secondaire, relayée par Profession CGP en avril 2026, fait état de 12,2 milliards d’euros investis en 2025 sur 49 transactions.
Comment est fiscalisé un investissement en private equity secondaire ?
Hors assurance vie, les plus-values d’un fonds non fiscal sont soumises au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % en 2026. Certains FPCI et FCPR dits fiscaux permettent une exonération d’impôt sur le revenu après cinq ans de détention, les prélèvements sociaux restant dus. Logé en unité de compte d’assurance vie, l’investissement suit la fiscalité du contrat.
Sources : Jefferies, Global Secondary Market Review (février 2026) ; Lazard, Interim 2026 Secondary Market Report (août 2026) ; Evercore, H1 2026 Secondary Market Review (juillet 2026) ; Campbell Lutyens, 1H 2026 Secondary Market Report (août 2026) ; France Invest via Profession CGP (avril 2026) ; AMF, guide sur les fonds de capital investissement. Données des plateformes au 9 octobre 2026. Le private equity comporte un risque de perte en capital et une absence de liquidité pendant plusieurs années.
