En bref :
- L’épargne de précaution se dimensionne en mois de dépenses, pas en pourcentage du patrimoine.
- Chaque euro doit être associé à un horizon avant d’être associé à un placement.
- Un placement de long terme financé avec de l’argent dont on aura besoin dans deux ans se solde presque toujours par une vente au mauvais moment.
- La répartition se révise quand la situation change, pas quand les marchés bougent.
Le tri se fait par horizon, pas par produit
La question la plus fréquente est « dans quoi investir ». C’est la deuxième question. La première est quand vous aurez besoin de cet argent. C’est elle qui détermine le niveau de risque acceptable, et donc les supports possibles.
La méthode la plus robuste consiste à répartir l’épargne en trois poches distinctes.
Poche 1 : la précaution
Objectif : absorber un imprévu sans jamais avoir à vendre un placement au mauvais moment.
Elle se dimensionne en mois de dépenses courantes, généralement trois à six mois pour un salarié en poste stable, davantage pour un indépendant ou un revenu irrégulier. Elle reste sur des supports totalement liquides et sans risque de perte, type livrets réglementés. Son rendement n’est pas le sujet : sa fonction est d’exister et d’être disponible en 24 heures.
Poche 2 : les projets à moyen terme
Objectif : financer ce qui est identifié à trois à huit ans, apport immobilier, changement de véhicule, études des enfants.
Le risque doit y rester mesuré, puisque la date est connue et proche. Fonds euros d’assurance-vie, supports obligataires prudents ou allocation équilibrée, avec une sécurisation progressive à mesure que l’échéance approche.
Poche 3 : le long terme
Objectif : faire croître un capital sur plus de huit ans, sans date de sortie impérative.
C’est la seule poche où l’exposition aux marchés actions, aux SCPI ou au non coté prend son sens, parce que la durée permet d’absorber les cycles. C’est aussi la seule où l’illiquidité d’un fonds de private equity devient acceptable.
| Poche | Horizon | Nature des supports | Risque accepté |
|---|---|---|---|
| Précaution | Immédiat | Livrets réglementés | Nul |
| Projets | 3 à 8 ans | Fonds euros, obligataire, équilibré | Mesuré |
| Long terme | 8 ans et plus | Actions, ETF, SCPI, non coté | Élevé, assumé |
L’erreur qui coûte le plus cher
Investir en actions de l’argent nécessaire dans deux ans. Statistiquement, le marché finit par remonter ; le problème est qu’il ne remonte pas forcément avant la date à laquelle vous devez vendre. La perte n’est alors pas due au placement, mais à l’inadéquation entre l’horizon réel et le support choisi.
Questions fréquentes
Comment répartir son épargne entre les différents placements ?
En classant d’abord l’argent par horizon, en trois poches. Une poche de précaution équivalente à trois à six mois de dépenses, sur des livrets totalement liquides. Une poche projets, pour ce qui sera dépensé dans trois à huit ans, sur des supports au risque mesuré. Une poche long terme, au-delà de huit ans, seule à justifier une exposition importante aux actions, aux SCPI ou au non coté.
Combien faut-il garder en épargne de précaution ?
Trois à six mois de dépenses courantes pour un salarié en poste stable, davantage pour un travailleur indépendant ou un revenu irrégulier. Le montant se calcule en mois de dépenses et non en pourcentage du patrimoine, puisque sa fonction est de couvrir un imprévu, dont le coût ne dépend pas de la taille de l’épargne.
Faut-il changer sa répartition quand les marchés baissent ?
Non, sauf si votre situation personnelle a changé. Une répartition construite sur des horizons reste valable quand les marchés fluctuent, puisque ces horizons n’ont pas bougé. Modifier l’allocation en réaction à une baisse revient le plus souvent à transformer une perte temporaire en perte définitive.
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